Stamnos au pygmée

Matériaux : Céramique surpeinte à figures rouges Dimensions : 33,2 x 25 x 19,5 cm N° d’inventaire : Musée d’Archéologie d’Aleria – MAA-2018.0.4704

Fonctionnalités

Les céramiques antérieures à la conquête romaine découvertes à Aleria sont en grande partie des vases de haut niveau technologique, produits dans des ateliers spécialisés situés en Italie (Étrurie, Latium, Campanie, Italie du Sud), en Grèce (Athènes, Corinthe), et dans d'autres localités de Méditerranée influencées par la Grèce (Asie Mineure, Marseille) et par Carthage. Ces céramiques fines, largement diffusées entre la fin du VIe et le IIIe siècle av. J.-C., étaient commercialisées par voie maritime avec des matières premières, des produits agricoles (dont le vin et l'huile), ainsi que différents produits d'artisanat. Leur présence à Aleria témoigne de l'insertion complète de la ville, entre Orient et Occident, dans les réseaux commerciaux de la mer tyrrhénienne, contrôlés d'abord par les Grecs, puis par les Étrusques, et enfin par Rome, qui fera de la Méditerranée un espace unitaire, soumis à son pouvoir. Ce stamnos est représentatif des productions de céramique étrusque, et plus précisément des grands ateliers de la province de Volterra, inondant le marché de vases à vernis noir, en partie retouchés à la peinture blanche, jaune ou rose. On retrouve toutefois tardivement ces éléments dans la nécropole de Casabianda, à partir de la seconde moitié du IVe siècle av. J.-C. La typologie de Volterra côtoie dans les tombes de même période des productions issues des principaux ateliers connus – Faléries, Caeré, Tarquinia, Vulci et Chiusi, ce qui témoigne clairement de la diversité des courants commerciaux en provenance de l’ensemble du monde étrusque s’acheminant vers la colonie d'Aleria.

Ce vase caractéristique du style de Volterra présente un col cintré ouvert sur une embouchure étroite, à large rebord retombant. Ses deux petites anses latérales sont formées en un boudin épais se relevant verticalement. Sur le col, peintes en vernis noir sur fond réservé, deux frises parallèles. L'une porte une série de Τ alternativement inversés, la seconde une guirlande horizontale de laurier garnie de baies. Les deux faces de ce stamnos présentent un décor en figures rouges et rehauts blancs illustrant le combat d'un Pygmée contre une grue. D’un côté, un guerrier pygmée nu, au ventre proéminent et au sexe démesuré, est bien campé sur ses deux jambes ; coiffé d'un pétase (chapeau rond de feutre ou de paille) à large bord, il se protège derrière un bouclier ovale orné d'un umbo en losange et pointe, de sa main droite, une lance contre une grue. Aussi haut que son adversaire, le volatile, ailes déployées, lui tient le genou de sa patte droite. Entre eux jaillit du sol une plante fleurie. Des pigments blancs appliqués après cuisson rehaussent certains détails comme des rubans, des colliers, des bracelets ou des sandales.

De la fabrication
à la découverte au musée